Master-class accordéon

Restitution publique à 16 h 30

Régis Huiban est né le 29 septembre 1974 à Villeneuve-St-Georges (94).           De retour en Bretagne, il commence l’apprentissage de la musique à l’âge de 6 ans à la fanfare du Faouët (56), puis s’initie à l’accordéon chromatique trois ans plus tard.

1re époque : le bal musette

Il suit des cours d’accordéon et de solfège à l’école de musique Jo Jégado à Quimperlé (29) de 1983 à 1990. Durant cette période, on l’entend maintes fois à la radio (émissions consacrées au piano à bretelles), dans les bals, les repas du 3e âge, les concours et autres occasions de faire danser la java, la valse, le paso et le tango… En duo, notamment avec son frère (lui aussi accordéoniste), en petits groupes issus de l’école de musique, ou même en solo, Régis Huiban est très souvent sur scène mais n’a jamais intégré ni fondé de véritable orchestre de bal. À ce moment, il n’est pas question d’en faire son métier, même si, jusqu’aux années lycée, le doute subsiste. Il prend quelques cours de piano (1992 à 1994), s’imaginant poursuivre ses études musicologiques et, pourquoi pas, enseigner à son tour.

2e époque : le fest-noz

L’année 1990 est décisive. Régis Huiban rencontre au lycée Julien Le Mentec qui danse au sein du cercle celtique du Croisty (56) et joue de la bombarde et de la batterie dans le groupe fraîchement baptisé Tan Ban Ti. Avec trois autres musiciens du secteur, ce groupe de fest-noz prend forme. Au même moment, des cours de danse bretonne ont lieu au Faouët, Régis les accompagne à l’accordéon, apprend ainsi quelques pas et un semblant de répertoire traditionnel. Jusqu’en 1994, en alternance avec la formation musicale à l’E.D.M. de Quimperlé, les festoù-noz s’enchaînent, Tan Ban Ti remporte le Grand Prix du Kan ar Bobl à Pontivy (56), Régis enregistre un titre sur le disque Fest Deiz Accordéons (Coop-Breizh) et décide d’arrêter les études pour se consacrer à la scène.

Néanmoins, son apprentissage de la musique bretonne n’en est qu’aux balbutiements. S’en suivent deux années de cours de bombarde et ateliers de musique traditionnelle à l’E.N.M. de Lorient (56), puis un passage éclair (1995-1997) à la direction musicale du bagad du Faouët. Le groupe Tan Ban Ti fait peau neuve en 1995, l’arrivée de Fred Miossec au biniou est déterminante et juste après la sortie du premier album du groupe, Régis et Fred sonnent en couple bombarde-biniou, dans les concours ou pour le cercle celtique du Croisty (1997-1999) et autres rendez-vous traditionnels.

3e époque : le jazz

En 1997, Régis rencontre Roland Becker qui lui propose d’intervenir dans deux projets quasi simultanés : le quintet de Music-Hall breton M. Kerbec et ses belouzes et le duo burlesque Kof a Kof. C’est le début d’un tout autre apprentissage : l’improvisation musicale (et parfois scénique !). Les deux compères parcourent les routes de France de concerts en spectacles de rues, de festoù-noz en théâtres. Lorsqu’en novembre 1999, le groupe Tan Ban Ti prend lui aussi un tout autre virage (avec Nolùen Le Buhé au chant), Régis s’oriente résolument vers le jazz, sans pour autant jouer les standards du Real Book! Philippe Gloaguen, guitariste jazz nouveau venu dans le groupe, y est pour beaucoup, tout comme Roland Becker. En parallèle de la scène où se marient jazz et traditionnel (Le Cabaret Breton (2000) et Au Café Breton (2002) avec Kof a Kof, les concerts avec Tan Ban Ti, le duo Chant/Accordéon avec Nolùen Le Buhé), Régis Huiban enregistre plusieurs albums et suit deux stages sur les musiques improvisées : l’un à Rennes en 2001 à l’E.C.M. dirigée par Éric Le Lann où il côtoie l’accordéoniste Jacques Bolognesi et l’autre à Paris en 2003 à l’A.R.P.E.J. dont Michel Goldberg est le directeur pédagogique, et Daniel Mille l’intervenant à l’accordéon. Fin 2002, Régis Huiban crée naturellement son quartet, formation jazz avec Philippe Gloaguen (guitare), Julien Le Mentec (contre- basse) et Loïc Larnicol (batterie), et compose sa musique bretonne en toute latitude. Le Régis Huiban Quartet tourne depuis cette date en France et à l’étranger.

Nouvelle ère

Après avoir quitté le groupe Tan Ban Ti en 2005, Régis garde un pied dans le fest-noz, en solo, en duo avec Roland Becker, et surtout dans le trio Wipidoup avec Gildas Le Buhé et Pierrick Tardivel. Il a aussi fait sonner la boîte à punaises avec Les Sœurs Bervas de 2004 à 2008 (chanson française), avec Koad Glaz (création 2005 de Nolùen Le Buhé). Régis Huiban réalise, depuis la création de son quartet, une trilogie discographique, résultat d’un travail de quinze années en tant qu’artiste professionnel. Certains groupes de fest-noz font régulièrement appel à lui pour quelques remplacements (Yao, Filifala, Karma, Roll ma Yar, Termajik, Darhaou, etc.). Désormais en production chez Bémol Prod (59), l’accordéon world de Régis Huiban trace sa route sans balise. Fin 2008, il intègre le groupe Skolvan. Entre 2009 et 2011, trois créations ont vu le jour : Le père Tire-Bras (spectacle d’illustration), Piotr (théâtre musical), Et dans le vent, mon cœur se dénoua (spectacle poétique).